
Comment lutter contre les déjections canines en ville ?
En ville, lutter contre les déjections canines est devenu un défi quotidien pour les élus. Parmi les nuisances les plus persistantes et les plus mal vécues par les administrés, les déjections canines arrivent souvent en tête des sondages de satisfaction urbaine.
Au-delà de l'aspect esthétique, il s'agit d'un véritable enjeu de santé publique, de sécurité et de budget pour les communes.
Comment les collectivités peuvent-elles agir efficacement pour éradiquer ce fléau ?
Hygiène canine : quelle réglementation dans l’espace public ?
L’hygiène canine est aujourd’hui un enjeu majeur de salubrité et de vivre-ensemble dans l’espace public. Face aux incivilités persistantes, les pouvoirs publics ont renforcé le cadre réglementaire afin de responsabiliser les propriétaires de chiens.
En 2026, la loi et les municipalités affichent une volonté claire : faire respecter le ramassage des déjections par des règles plus strictes et des sanctions dissuasives.
Ce que dit la loi en 2026
En 2026, la lutte contre les déjections canines repose plus que jamais sur le civisme des usagers. Les propriétaires d’animaux doivent veiller à ce qu'ils ne portent pas atteinte à la salubrité publique.
Pour responsabiliser les propriétaires de chiens, les municipalités s'appuient sur des réglementations inscrites dans le Code de l'environnement et le Code général des collectivités territoriales.
La municipalité a la charge d'assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques. À ce titre, des arrêtés municipaux imposent désormais de manière quasi systématique le ramassage immédiat des déjections sur la voie publique, les parcs et les espaces verts.
Un durcissement des sanctions financières
Face à la persistance des incivilités, de nombreuses municipalités ont fait le choix de la fermeté. Depuis 2023, le montant des amendes a été revu à la hausse dans plusieurs grandes agglomérations pour marquer une rupture avec le sentiment d'impunité.
Selon les données de la Direction de l'information légale et administrative, l'amende forfaitaire est passée de 35€ à 135€ pour le non-ramassage des déjections.
Ce montant peut même être majoré si l'infraction est constatée dans des zones protégées ou si le règlement local prévoit des dispositions spécifiques.
Cette revalorisation vise à couvrir une partie des frais de nettoyage engagés par la collectivité tout en incitant les propriétaires à s'équiper de sacs de ramassage.
Nos équipements pour la propreté canine
Des opérations de nettoyage très coûteuses pour les municipalités
Les déjections canines non ramassées ont des conséquences sur l’environnement, la santé publique, la cohésion sociale et aussi sur le budget des municipalités.
Les conséquences environnementales et sanitaires
Les déjections canines non ramassées contribuent à la pollution de l’écosystème urbain. On note des risques pour la faune locale, mais aussi une dégradation directe des sols.
Les déjections sont riches en azote et en phosphore qui, en concentration trop élevée, brûlent les pelouses et polluent les nappes phréatiques lors du lessivage par les eaux de pluie.
Sanitairement, elles sont des vecteurs de maladies transmissibles à l'homme, notamment aux jeunes enfants.
Les conséquences sociales
L'espace public est un lieu de partage. Les déjections canines sont une source majeure de tensions et peuvent faire naître des conflits entre usagers.
Elles dégradent le climat social, créent un sentiment de "ville sale" et de laisser-aller qui peut, par effet d'entraînement, favoriser des tensions entre les habitants.
Les conséquences économiques
Les coûts de nettoyage liés au ramassage des déjections canines est le point le plus critique pour les municipalités.
Dans certaines villes, ils peuvent être très élevés. Ces frais incluent l'achat et l'entretien de matériel spécifique (aspiratrices de voirie, motocrottes), le coût de la main-d'œuvre et la consommation d'eau potable.
Une ville dont les trottoirs sont pollués par les déjections canines peut subir une baisse de fréquentation, ce qui a un impact direct sur le dynamisme des commerces de proximité et sur le tourisme, pilier économique de nombreuses communes françaises.
Des mesures plus dissuasives dans certaines villes
Pour mettre fin à ce problème persistant, certaines municipalités ont pris des mesures spécifiques, plus dissuasives que l’application de l’amende forfaitaire nationale.
Aurillac : des sanctions préventives pour réduire les incivilités
À Aurillac (Cantal), la municipalité a chiffré les coûts de nettoyage à 200 000 € par an. Pour réduire ce budget, la ville a décidé de mettre en place une mesure préventive. Désormais, les propriétaires de chiens ne disposant pas de sacs de ramassage lors de leurs déplacements s’exposent à une amende pouvant aller jusqu’à 150€.
L'idée est de sanctionner l'intention d'incivilité avant même qu'elle ne soit commise. Cette mesure préventive s'accompagne de vastes campagnes de sensibilisation.
Bergerac : jusqu’à 750 € d’amende pour protéger l’attractivité touristique
À Bergerac (Dordogne), ville très touristique qui mise sur la propreté de ses rues médiévales pour préserver l’attractivité de son territoire, les élus se montrent également particulièrement fermes sur la question des déjections canines.
La municipalité y applique une politique de "tolérance zéro". Les propriétaires qui ne ramassent pas les déjections de leur animal dans l’espace public s’exposent à une amende pouvant atteindre 750€.
Ce montant, parmi les plus élevés en France, vise à éradiquer totalement ce type d’incivilités, notamment dans les zones à forte fréquentation touristique.
Quelles solutions pour améliorer la propreté canine dans les villes ?
Améliorer la propreté canine repose avant tout sur des actions concrètes et visibles. Sensibilisation, équipements adaptés et aménagements dédiés permettent d’encourager les bons comportements et de faciliter le ramassage au quotidien.
Des campagnes de sensibilisation
Le levier principal reste la responsabilité citoyenne. Les collectivités doivent investir dans des campagnes d'information claires sur les risques sanitaires et financiers.
L'utilisation de panneaux informatifs permet de maintenir une vigilance constante chez les propriétaires de chiens.
La mise en place de bornes de propreté canine
L'installation de mobilier urbain de propreté est le levier le plus efficace pour accompagner le changement de comportement. Il existe différents types d'équipements :
- - Les distributeurs de sacs canins : simples et compacts, ils permettent aux propriétaires d'avoir toujours une solution à portée de main.
- - Les bornes de propreté canine : elles incluent un distributeur de sacs et une corbeille dédiée avec couvercle pour limiter les odeurs.
Ces équipements sont indispensables dans les villes. Pour être efficaces, ils doivent être implantés à des endroits stratégiques comme les entrées de parcs, les zones piétonnes, les rues résidentielles et à proximité des espaces verts.

La création de canisettes pour chiens
Enfin, les collectivités peuvent aménager des canisettes pour chiens, des endroits clos et signalés, spécifiquement dédiés à la collecte des déjections.
Ces espaces sont conçus pour centraliser les déchets dans un lieu unique, facilitant ainsi le ramassage pour les propriétaires et le nettoyage pour les agents.
Cependant, ces installations nécessitent un entretien régulier par les services municipaux. Sans un nettoyage fréquent, les canisettes peuvent vite devenir des sources de mauvaises odeurs et être délaissées par les propriétaires, rendant l'investissement inutile.
Le choix du mobilier et de son emplacement est donc crucial pour garantir la réussite d'une politique de propreté urbaine.
💡Pour approfondir cette réflexion sur l'aménagement, vous pouvez consulter notre guide pour choisir le mobilier urbain pour une collectivité.
En combinant pédagogie, aménagement urbain adapté et sanctions ciblées, les collectivités peuvent offrir aux citoyens une ville plus saine et accueillante pour tous.